Petite promenade sur la plage pour comprendre comment fonctionne l'histogramme d'une image — et pourquoi on va tordre cette courbe avant d'insoler la plaque de photogravure.
👆 Cliquez sur un galet du portrait
👆 Cliquez sur une pile de l'histogramme
C'est ça l'histogramme, les piles de petits galets, l'histoire de chaque couleur. La courbe (ici c'est encore une droite) sert à modifier, si besoin, les tons d'origine d'une image. Une diagonale droite = aucune correction. On peut la rendre plus claire ou plus sombre en changeant la forme de la courbe.
La courbe représente la relation entre les tons de l'image d'origine et les tons reproduits. En Photoshop sur une image en niveaux de gris, la convention est inversée : le noir est en haut à gauche, le blanc en bas à droite. Une droite diagonale = aucune correction. La courbe n'est pas réservée à la photogravure — c'est un outil universel de correction tonale.
Si on faisait une photogravure sans corriger l'image au départ, les tons clairs s'écrasent vers le blanc et tous les détails clairs disparaissent. L'histogramme s'est entièrement décalé vers la droite — presque plus de noirs, tout est pâle.
En photogravure avec les plaques ou les films polymère, les hautes lumières — tons clairs — laissent passer la lumière UV trop longtemps : la surface se durcit partout, et ces zones deviennent lisses et donc s'impriment trop clair — voire disparaissent.
On agit sur la courbe pour corriger l'image. Les galets blancs deviennent gris, les gris clairs s'assombrissent. Les noirs restent bien présents. L'image paraît très sombre — mais c'est voulu, on anticipe ce que fera l'impression.
La courbe « compresse » les tons clairs en les transformant en tons moyens, les tons moyens en moyens-foncés, etc. C'est contre-intuitif mais nécessaire : la plaque va éclaircir tout ça à la gravure, et on se retrouvera avec les bons tons au final.
Toutes les valeurs de l'image d'origine sont respectées. Les blancs sont blancs, les noirs sont noirs, les gris sont gris. La courbe a compensé ce que la faible réactivité de la plaque aurait écrasé.
La courbe, ici réalisée avec le script ChartThrob 1.6, est calculée à partir d'une mire de calibration exposée et encrée en atelier. Elle est personnalisée pour chaque source UV, chaque marque de résine polymère, chaque imprimante, chaque temps d'exposition. On peut aussi procéder de manière empirique par une série de tests, ou utiliser une correction approximative si on n'est pas pointilleux sur le résultat.
La technique c'est une chose, la création une autre. La création prime avant tout et chacun trouvera ses outils !
Bien, là ce n'est pas une image facile à traiter en photogravure.
Un paysage assez gris, pas très contrasté. Tous les tons se serrent autour du centre de l'histogramme. La courbe devra être très précise pour éviter que tout devienne une bouillie grise uniforme. Chaque image est une histoire, une contrainte et aussi un désir personnel de la représenter — c'est ici que la création prend toute sa place.
Vous avez fait un dessin sur la plage avec des petits galets de couleurs différentes — des blancs, des gris clairs, des gris moyens, des gris foncés, des noirs. Ensuite vous rassemblez vos galets et faites des piles de chaque couleur. C'est ça, un histogramme : une façon de compter combien de galets de chaque tonalité se trouvent dans votre image.